Orage au désespoir
Pour la plupart d’entre vous , vous connaissez l’affection particulière que je porte pour une certaine rivière .C’est donc sur cette dernière que je vais vous narrer une petite anecdote survenue en 2008.
Un de mes biefs favoris recèle nombre de postes inexploités vu la difficulté inhérente a une installation correcte. Poste en pente, rod pod en équilibre, bois noyé en très grand nombre, tous les ingrédients étaient présents pour repousser les adeptes des postes 3 étoiles. J’avais repéré depuis quelques temps un semblant de poste bien planqué au milieu de falaises et il me tardait de tendre mes lignes car en face la configuration me plaisait tout particulièrement avec entre autre une berge effondrée dans l’eau avec bien sur les arbres qui vont avec. Mes deux premières cannes étaient donc tendues en toute logique a proximité de ce spot ou je crois bien qu’avec un peu de malchance on peu avoir dix départs sans pouvoir sortir un fish. Mais bon je suis attiré par ces spots bien dégueu ou chaque poisson se mérite et ou surtout chaque départ fait monter l’adrénaline a bloc tant les poissons donnent tout pour s’y réfugier. Bref,la première nuit fut calme pour gaël et Christophe installés sur la berge d’en face 300 m plus haut. Il en était de même pour moi. Mais au levée du jour la donne changea avec l’arrivée d’un orage que j’assimilerais plutôt a une micro tornade. Ça pétait de partout et surtout les bourrasques de vent se faisait de plus en plus dangereuses .J’appréciais quand même ce moment bien réfugié a l’abri dans mon duvet. L'orage était maintenant très proche,la pluie et le vent s’intensifiait quand un premier bip voilé par le bruit environnant me fit levait la tête. un deuxième bip plus proche suivi d’un départ franc. La seule chose à laquelle je pensa fut d’enlever a 200 a l’heure mon pull et mon sweet pour aller combattre en tee shirt sous des trombes d’eau. Au moins comme ça l’essentiel restait au sec .Les gestes fusaient; ouvrir l’abri , descendre aux cannes sur un terrain en pente et détrempé ,prendre contact mais tout ça sans réfléchir. Tirer comme un malade tant la direction du poisson ne faisait aucun doute mais tout ça sans réfléchir .Monter dans le bateau pour aller chercher le fish que je sens bien tanké et mais tout ça sans réfléchir. Me retrouver au milieu de la rivière pour enfin réagir .Mon visage est détrempé , je vois a peine ce que je fais mais je comprends très vite que mon attitude est débile. Ma canne est tendue vers le ciel, je mouline comme un fou, la je suis dans mon élément. Mais ce dernier est bien hostile ce matin avec cet orage qui n’en fini pas de se déchaîner. La sagesse aurait voulu que je reste sur la berge car aucun poisson ne vaut que l’on prenne autant de risque mais bon le mal était fait et il fallait bien que je me sorte de cette situation et ce au plus vite.
J’approchais désormais du lieu ou mon fil plongeais vers je ne sais ou quand tout à coup le poisson sorti par chance des obstacles, passa devant mon bateau pour se diriger vers le milieu de la rivière. Pour moi c’était en parti gagné. Il me restait plus qu’a combattre tranquillement au milieu de la rivière, large ici d’une centaine de mètres, en jouant avec le moteur pour bien rester en pleine eau. Une seule chose tout de même me tardait, c’était d’en finir. J’étais désormais loin des premières secondes qui suivent un départ ou l’on réagit souvent plus par réflexe que par raison et je me rendais de plus en plus compte que ma situation était périlleuse. Il me fallait réagir, désormais je donnais tout. Je pense n’avoir jamais tiré aussi fort lors d’un combat mais la je trouvais les limites d’un petit gonflable car a l’évidence je me faisais tracter. En fait le poisson était en train de traverser complètement la rivière et j’avais beau tirer je glissais sur l’eau sans pouvoir le maîtriser. J’étais plus qu’a 25 ou 30 mètres de la berge d’en face, en fait ma berge de départ, quand une seule décision me vint a l’esprit, mettre la main sur la bobine pour tout bloquer et reculer a fond de troisième pour regagner du terrain et me retrouver loin de la bordure. Cette opération je la fis a deux reprises sans que malgré tout mon hote ne vint en surface. A chaque fois je gagnais 15 ou 20 mètres en reculant à fond mais des que je reprenais contact en lâchant le moteur je me refaisais tracter. Le fish était complètement déchaîné et à l’évidence pas du tout fatigué. Cela faisait bien désormais un bon quart d’heure que je m’adonnais un max pour m’éloigner des berges accompagnées de leurs obstacles multiples engloutis mais bon il y avait ce jour là plus fort que moi. Irrémédiablement ma combattante gagnait du terrain. Quand je récupérais un mètre elle m’en prenait deux quand l’inévitable se produisit .A 15 mètres du bord je sentis mon fil frotter sur un obstacle pour finalement s’immobiliser. Tanker. Plus rien ne bougeait . Arrivé à l’aplomb de ce qui s’avéra un arbre posé a 5 m de profondeur le poisson me fit un dernier rush dont je me souviendrai pour finalement rompre mon arraché en 60 centièmes .Cette fois ci c’était fini. Une fois à mon abri je repassais tout en boucle ;mon départ précipité ,ma sensation de n’avoir jamais eu le dessus face à une puissance pas très conventionnelle ,le sentiment de se dire sans cesse que si l’on avait fait différemment le final en aurait été modifié. Ce qui est sur c’est que si j’étais passé a l’eau je n’aurais été guère plus mouillé. L’orage était désormais passé avec tous les dangers que ce dernier peut représenter : foudre,chute d’arbres,montée d’eau. Alors en guise de conclusion prenez un peu de temps pour vous installer en toute sécurité et réfléchissez a deux fois avant de combattre sous un orage…………...….au fait ce week-end aucune ne s’est frottée au fer de nos hameçons.
Cédric D
____________________________________________________________________________________________________________________________________
___________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________
Happy end
Voila maintenant plus d’un mois que les études nous ont éloigné des berges, en revanche, notre passion ne s’en est pas pour autant éteinte, bien au contraire. En effet, l’appel de l’eau est de plus en plus fort, les carpes hantent nos nuits, nous sommes en manque d’évasion. Pour faire face à cette situation, nous envisageons alors une session d’une semaine sur un lac peu connu mais prometteur, que nous calerons à la fin de nos examens. La semaine qui suivit fut un vrai calvaire, en effet, il m’était impossible de trouver le sommeil, des clichés des habitantes de ces eaux défilaient sans cesse dans ma tête, la passion reprenait le dessus.

Que de grâce !!!
Une fois nos épreuves terminées, nous voilà immédiatement en route vers ces eaux mystérieuses qui nous ont tant fait rêver. A peine le bateau mis à l’eau que nous étions déjà émerveillés par cette fabuleuse nature qui nous entourait et dans laquelle nous allions tenter de nous fondre. Arrivés sur le poste, nous repérons un poisson, notre motivation est à son comble. Les deux jours de pêche qui suivirent, malgré tous nos efforts, laissaient alors place au doute. Pas une carpe ne s’était montrée et des nuées de brèmes avaient envahi notre poste, après une brève consultation, nous décidons à l’unanimité de quitter les lieux, direction un autre lac du secteur, beaucoup plus connu et moins sauvage. Le bateau chargé, nous voilà repartis vers la mise à l’eau pour rejoindre notre véhicule quand tout à coup l’embarcation se mit à sombrer. Nous parviendrons tout de même à rejoindre la rive en limitant les dégâts. Mon moral est alors passé dans le négatif, en revanche Alex reste surmotivé et ne veut rien lâcher, c’est ainsi qu’il arrivera à me convaincre de continuer l’aventure. La poisse s’abattait depuis deux jours sur nous mais à présent, il nous restait trois journées de pêche et nous devions sauver les meubles, bien que les lieux choisis ne soient pas très réputés en matière de sauve bredouille…

Un poisson peut parfois suffire à rendre un homme heureux.
Il est maintenant 22 heures, nous avons un nouveau bateau bien étanche, les cannes pêchent, nous n’avons plus qu’à regarder les étoiles en priant pour que le sort ne s’acharne plus sur nous. Nous sommes vidés de toutes formes d’énergie et ne tardons pas à trouver le sommeil. Alex va alors toucher quelques poissons en extrême bordure durant les deux jours qui suivirent, en revanche, de mon coté, c’est le calme plat, j’ai donc choisi de copier sur lui pour la dernière nuit, en espérant sauver ma session (chaque canne pêche alors pour un poisson comme dirait Christophe). Entre 19 et 21 heures, nous ne savions plus ou donner de la tête, les poissons sont là, les départs s’enchainent à une allure folle nous laissant tout juste le temps d’immortaliser nos prises. A 22 heures, toutes les cannes pêchent de nouveau, le calme est retombé, quelques carpes continuent à se manifester en surface, nous rejoignions nos beds, épuisés mais confiants. Aux alentours d’une heure du matin, un de mes détecteurs s’emballe, bien que promettant un beau poisson, le combat se soldera par une décroche, je retends alors ma canne et repars me coucher de nouveau démoralisé, le sort semble s’acharner. Vers deux heures du matin, deux bips espacés me sortent du sommeil, ni une ni deux, je saute sur la canne qui venait de dérouler l’heure d’avant. Le début de combat est bizard, le poisson se fait sentir mais n’oppose aucune résistance, ce n’est qu’à une vingtaine de mètres du bord qu’il commence à s’énerver. De longues minutes commencent alors à s’égrainer la belle passe de la surface aux profondeurs sans que je ne puisse la retenir, mon cœur est au bord de la rupture, le stress est à son comble. Alex arrive enfin à épuiser la bête, quel soulagement, nos regards se croisent alors sans le moindre mot, nous restons quelques secondes bouches baies devant ce magnifique poisson, énorme à nos yeux. L’aiguille du peson s’arrêtera alors un peu avant 18 kilos, nous sommes aux anges. Je vous avouerais que je n’ai pas fermé l’œil jusqu’au lever du jour, mon esprit était envahi par le combat que venait de me livrer cette belle miroir lacustre.

Un trésor que nous nous devons de protéger des pillards.
Un tel poisson du domaine public est un véritable trésor, fruit de nombreuses années de maturation. Dans le but de pouvoir vivre de tels moments sans se ruiner, nous devons préserver notre patrimoine halieutique en luttant contre le trafic ainsi qu’en protégeant la nature qui nous accueille.
Maxime CHARLOT
_________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________
______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________
Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite.